L'attrait des rivières
Assise entre deux rivières,
ta poitrine reflétait le soleil.
Il fallait être casse-cou
pour oser jeter un oeil sur toi
ou s'approcher plus près
et engendrer les mots.
Tu m'as invité dans ta caravane,
mis ma main sur ta jambe
et m'as peint les ongles.
A l'abri du soleil,
j'ai oublié les deux rivières.
Leur courant n'a plus d'attrait,
ni pour toi, ni pour moi..
Attendons la nuit,
et nous mordrons la poussière
plus que nous ne pourrons jamais en avaler.
Assise entre deux rivières,
tes pieds caressaient l'herbe.
Tes dix doigts me griffaient le ventre,
comme des clous dans mon âme.
Je me suis brûlé à toi,
à ta chemise ouverte,
et tu m'as plongé
dans l'eau froide du fleuve.
De là, j'ai vu comme tu n'avais aucun mal
à aller contre le cours des choses.
Comme un clou dans mon âme.
Attendons le jour,
et nous mordrons la poussière
plus que nous ne pourrons jamais en avaler.

